Dans le monde du financement de l’innovation, les nouveautés sont nombreuses. Mais une en particulier devrait retenir votre attention: celle des levées ICO, Initial Coin Offering.

Pourquoi parle-t-on des levées ICO aujourd’hui?

Ce terme anglais signifie « opération de collecte de fonds qui s’appuie sur l’émission de crypto-actifs ». La levée ICO ne doit pas être confondue avec la levée IPO, Initial Public Offering.  Les levées IPO financent des projets par l’émission de titres financiers (ex: actions, obligations). Les traditionnels titres IPO donnent aux investisseurs une part de l’entreprise émettrice.

Or avec la montée des crypto-monnaies, les IPO sont concurrencées par les fameuses levées ICO. Les levées ICO sont donc différentes des levées de fonds classiques. Pour se financer, l’entreprise n’émet pas des titres financiers mais des tokens. Ces tokens dits jetons ne sont pas une part de propriété de l’entreprise. Les tokens donnent droit à l’utilisation du produit, pas sa propriété. Les levées ICO synthétisent ainsi les tendances actuelles comme le crowdfunding et la capitalisation boursière.

Concrètement, une levée ICO est au coeur de l’innovation. Cette forme de levée de fonds est innovante et finance des projets ambitieux. Les levées ICO profitent de l’essor des cryptomonnaies et de leur croissance. Aujourd’hui, le marché des cryptomonnaies dépasse 100 Milliards de dollar de valeur. Les ICO deviennent un marché important dans le financement de l’innovation. Si les levées ICO s’adressent pour l’instant aux entreprises du monde de la technologie et les développeurs, le public risque de s’élargir dans le futur.

Le fonctionnement d’une levée ICO et la législation française

En France, la croissance des levées ICO est encadrée depuis 2019 par la loi Pacte. La loi encadre ce type de levées de fonds et protège le consommateur. Pour être certain d’investir dans une ICO fiable, on peut se fier au visa « AFM ». Le visa AFM est un label qui certifie du fondement juridique d’un projet. Le label renseigne précisément sur l’émetteur et l’offreur de token. Le visa apporte donc un gage de qualité à la levée ICO.

Pour en savoir plus sur l’ICO et le visa AMF: https://www.amf-france.org/fr/ico-quoi-sert-le-visa-de-lamf

Dès lors que sa levée ICO est fiable, une entreprise peut présenter au public son activité. Elle va y décrire son équipe et son projet. Elle renseigne la durée de la levée de fonds, le nombre de tokens qu’elle va émettre et leur prix. Les prix s’expriment en cryptomonnaies comme le Bitcoin ou l‘Ethereum.

Les tokens ou jetons émis par l’entreprise confèrent des droits à son propriétaire. En achetant des tokens, un investisseur bénéficiera d’un accès au service de l’entreprise ou bien il pourra partager les profits.  L’entreprise définit et octroie les droits des tokens lors de la présentation de la levée ICO. Ces tokens ont donc plusieurs fonctions. La technologie blockchain permet de sécuriser le stock de jetons des investisseurs.

Les avantages et inconvénients d’une levée de fonds ICO

Les ICO présentent de nombreux avantages. Financièrement, les tokens achetés peuvent apporter une plus value avec le temps. Aussi, une levée de fonds ICO est extrêmement rapide et peu coûteuse. En 2017, la start-up iEx.ec avait réussi à récolter 12 millions de dollars  en seulement 3 heures. De plus, les cryptomonnaies levées ont une portée internationale permettant de toucher davantage d’investisseurs. Cet accès à un panel large d’investisseurs permet de financer des projets qui ne l’auraient pas été sans. Enfin, les tokens circulent librement et sont facilement revendables. La cryptomonnaie permet à l’entreprise et l’investisseur de trouver tout deux un intérêt.

Cependant, cela reste une forme de financement de l’innovation risquée. Seuls les connaisseurs du milieu sont en capacité de réaliser de bons investissements. Au-delà, les levées ICO n’offrent pas de garantie et souvent, les entreprises échouent. Près de la moitié des entreprises ayant levée des fonds via ICO ne survivent pas plus d’1 an et demi d’après une étude de Bitcoin.com.

Pour plus d’informations sur les risques liés au ICO, consultez le site vie-publique.fr et son rapport dédié: https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/184000433.pdf

Quel futur pour les levées ICO?

Ainsi, les levées ICO manquent de régulation et ne sont pas plébiscitées par tous les pays. Par exemple, la Chine et la Corée du Sud ont banni ce mode de financement et l’Australie l’a fortement régulé. Aux Etats Unis, la SEC doit approuver les levées ICO pour qu’elles aient lieu. Les levées ICO si elles sont connues à l’international ne sont donc pas forcément reconnues. Au-delà, elles ne sont pas non plus à l’abri d’une cyber attaque ce qui en fait un mode de financement moins sécurisé que les IPO.

D’autre part, les cryptomonnaies sont elles-mêmes à haut risque. Leur valeur est très instable et déconnectée des monnaies réelles. Surtout dans la mesure où transformer un token en monnaie commune est coûteux.

À l’avenir, les levées ICO nécessiteront davantage d’encadrement législatif. Pour que les levées ICO prospèrent, les Etats devront les reconnaître. Enfin, les ICO sont déjà face à un nouveau concurrent: les STO, Security Token Offering. Ces STO sont un mélange des IPO et ICO. Les STO consistent en l’émission de titres financiers avec la blockchain.

En matière de financement de l’innovation, les levées ICO sont donc une nouveauté intéressante mais à haut risque.