Le concours d’innovation i-Lab est un dispositif permettant de financer les startups technologiques. Avec une prise en charge de 60% du budget des projets sous forme de subvention, il est devenu le concours incontournable pour les jeunes pousses de la FrenchTech.

À l’occasion de l’ouverture de la 9ème vague du concours, nous vous proposons de découvrir les conseils clés de nos consultants issus du montage réussi de nombreux dossiers d’Appels à projets et concours exigeants.

 

Conseil n°1 : candidatez au bon moment

 

Le concours I-lab est très convoité. En effet, beaucoup de porteurs de projets de recherche technologique le considèrent comme un tremplin essentiel pour pérenniser leur projet. Ainsi, la concurrence est rude et il est primordial d’en prendre conscience en amont de la candidature. En pratique comptez un mois pour la préparation d’un dossier i-Lab complet. Prenez le temps d’évaluer attentivement votre contexte. Envoyer un dossier à la va-vite vous desservira et vous prendra du temps et de l’énergie.

Des projets concrets sont attendus

 

Si votre projet est flou ou encore au stade de l’idée, passez votre chemin. En effet, l’Etat, par le biais d’I-lab, investit sur des projets qu’il considère comme suffisamment concrets et futurs vecteurs de croissance. Déposer un dossier sur une idée vous expose fortement à un rejet dès la première phase d’instruction. Bien entendu, il est possible de candidater ante-création, c’est à dire avant l’immatriculation de la structure juridique porteuse du projet. Néanmoins, si celui-ci n’est pas suffisamment crédible, en termes d’études, de faisabilité, d’accessibilité au marché, il sera recalé.

L’innovation doit être incontestable

 

Votre projet doit sortir du lot dans le cadre d’un concours aussi challengeant qu’I-lab. Il est indispensable de présenter de réelles innovations techniques et scientifiques pour envisager de déposer un dossier. Le meilleur moyen de mesurer le niveau d’innovation de votre projet est d’en établir l’état de l’art. Par ailleurs, cela vous permettra de situer votre projet dans son environnement technique et concurrentiel. Cela sera aussi l’occasion d’évaluer les enjeux techniques et financiers que vous présenterez lors de votre candidature. Il est également nécessaire que votre projet réponde à une problématique réelle et actuelle. Transition écologique, inclusion sociale, énergie verte… Tous ces sujets qui sont au coeur des préoccupations des gouvernements à l’échelle nationale et européenne.

L’équipe derrière le projet doit être solide

 

Par ailleurs, pour augmenter vos chances de réussite, il est important de vous entourer d’une équipe solide pour votre projet. Y aller seul, sans associés, ou avec un historique d’équipe chaotique, sera perçu comme un facteur d’alerte pour le financeur. Les projets financés pouvant atteindre un budget total d’un million d’euros, il est nécessaire pour l’Etat de s’assurer de la complémentarité de l’équipe qui la porte et de la cohérence des profils engagés.

 

 

 

Conseil n°2 : apportez du concret et encore du concret

 

A la lecture du règlement du concours, un élément ne doit pas vous échapper : la faisabilité du projet doit impérativement être démontrée.

Au delà de votre prototype ou de votre POC, pour mettre toutes les chances de votre coté, voici différents éléments que vous pouvez mettre en avant.

Un marché savamment étudié

 

« J’ai travaillé avec une startup Deeptech qui avait vu son dossier I-lab refusé par deux fois car les données sur son marché n’étaient pas assez convaincantes pour le jury. Et ce, malgré le développement d’un prototype fonctionnel. Après analyse de leurs dossiers, j’ai pu constater que le périmètre du marché du projet était superficiel ce qui a pu rebuter le jury à considérer le projet comme pérenne. Lors du troisième dépôt, nous avons donc précisé l’analyse du marché. Périmètre, concurrence et cibles… Rien n’a été laissé de coté ce qui leur a permis de passer à l’étape du grand oral. »

Maryne, consultante en financement de l’innovation chez FinovUP.

Avoir une vision claire sur son marché est en effet un élément essentiel de la candidature I-lab. On ne le répètera jamais assez, mais dans le cadre du financement public de l’innovation, l’enjeu va bien au-delà de l’entreprise. En effet, en finançant des projets en germe, l’État capitalise sur le développement de l’emploi local, la montée en compétence technique des entreprises françaises, et par extension, contribue au rayonnement de la France sur la scène internationale de l’innovation. Si une innovation ne répond à aucun marché, il n’y a donc aucun intérêt de la financer.

 

Un modèle économique pertinent

 

Lors de l’étude de votre dossier, le jury va méticuleusement analyser votre modèle économique. Il va ainsi évaluer la pertinence du modèle de commercialisation de votre produit ou service et la qualité des projections raisonnées que vous leur apportez. C’est pourquoi, avant d’envisager une candidature, vous devez d’ores et déjà savoir comment vendre votre innovation. Votre modèle doit avant tout être rentable et raisonné.

Pour vous aider dans cette étape, Bpifrance a réalisé un document reprenant l’essentiel des étapes pour modéliser son business plan.

Cela passe également par le fait d’identifier ses prospects. Si vous avez des prospects prêts à acheter votre solution, n’hésitez pas à solliciter leurs témoignages pour donner de l’impact à votre dossier. De plus, avoir un réseau de partenaires solides avec qui vous collaborez donnera de la valeur à votre projet. Il peut s’agir de laboratoires publics, d’instituts d’enseignement, ou encore de grandes entreprises chez qui vous suivez un programme d’incubation.

 

Une situation financière encourageante

 

Bien que le concours I-lab soit l’un des seuls dispositifs pouvant être obtenu sans condition de fonds propres, des éléments financiers encourageants sont nécessaires  pour rassurer et convaincre le jury.

« Une startup biotech que j’ai accompagné sur I-lab 2020 a pu se démarquer grâce à des éléments financiers rassurants. Leur amorçage avait déjà été financé par le biais d’un prêt d’honneur du Réseau Entreprendre et un processus de levée de fonds auprès de fonds d’investissement était enclenché. Bien que le développement de leur produit représente un coût très important et un délai de commercialisation long, les metrics financiers ont rassuré les membre du Jury qui ont décidé d’accorder une subvention au projet. »

Alessandra, consultante en financement de l’innovation chez FinovUP.

Ainsi, aucun aspect financier de votre projet ne doit être négligé, et l’anticipation est clé. Levée de fonds et nature des investisseurs, nature des fonds propres de l’entreprises, premières aides publiques obtenues … Plus vous êtes en mesure d’apporter des éléments financiers concrets et plus votre candidature gagnera en crédibilité.

 

 

Conseil n°3 : présentez un programme de R&D précis

 

Dresser un budget raisonnable

 

La subvention I-lab permet de financer des projets ayant jusqu’à un million d’euro de budget. Cependant tous les projets ne seront pas financés à hauteur de ce maximum. En matière de financement public, il ne faut en effet pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Chaque euro financé doit être justifié. Demander le maximum de l’aide quand en réalité l’entreprise a besoin d’un financement inférieur est risqué.

C’est pourquoi nos consultants conseillent de segmenter les projets de R&D sous forme de sous-programmes bien délimités. De la sorte, les dépenses peuvent être mieux identifiées et chiffrées.

 

Respecter le timing

 

I-lab permet de financer des projets de R&D futurs, les dépenses effectuées avant le dépôt de dossier ne sont donc pas prises en compte. Il est donc essentiel de bien programmer la date de démarrage du projet. Bien que de nombreux porteurs de projet investissent dans leur projet grâce à des fonds personnels, le dispositif I-lab n’est pas rétroactif. De plus, le processus de sélection étant long, les entreprises doivent anticiper leurs besoins en trésorerie durant les mois qui suivent le dépôt du dossier.

« Les fonds peuvent vous être versés jusqu’à un an après l’annonce des lauréats en fonction des échanges avec le financeur.  »

Alessandra, consultante en financement de l’innovation chez FinovUP

Anticiper les difficultés de recrutements

 

Beaucoup de startups comptent sur leur succès au concours I-lab pour entamer leur campagne de recrutement. Cependant, lorsqu’il s’agit de recruter des profils pénuriques, l’entreprise s’expose à un processus de recrutement long, surtout quand ils s’agit de candidats déjà en poste.

Or, lorsque l’on s’engage sur un programme de dépenses il est important de s’y tenir pour obtenir l’intégralité du financement.

« Une entreprise avait réussi à débloquer une aide de 250K€ dans le cadre du concours pour financer un important programme de recherche autour de l’IA. Malheureusement, elle n’est pas parvenue à recruter les profils espérés car trop rares sur le marché. Le financeur a donc bloqué l’accès au solde de l’aide I-lab suite au dépôt de leur rapport de fin de programme« .

Maryne, consultante en financement de l’innovation chez FinovUP

 

Vous songez à participer au concours I-lab ? Nos consultants peuvent vous accompagner. Parlez-nous de votre projet en prenant rendez-vous avec un conseiller!